Contrefictions rassemble des œuvres qui déplacent des objets ordinaires, fragments naturels ou formes familières vers un territoire plus ambigu. Entre souvenir, mise en scène et transformation, ces pièces jouent avec notre manière de projeter des récits sur les choses et d’attribuer une charge symbolique à des formes pourtant simples ou modestes.
Réminiscence Cette série se compose de grisailles sur verres déposées sur des plâtres dont la forme évoque les bougies de dévotion, support de souvenirs ou d’intention. L’apparente spontanéité des empreintes réalisées, des monotypes d’objets cristallisant la mémoire éphémère d’une personne, contraste avec la technique pérenne et ancienne de la grisaille.
Innocence Cette suite regroupe des images évanescentes, collection de ces petits trésors naturels que sont ailes d’insectes et papillons de nuit, cristaux et pommes de pin ou jeux éphémères de papier : virevent, avion et cerf-volant. Le traitement austère de la grisaille et l’agrandissement de la représentation confère à ces objets innocents un caractère dramatique et énigmatique.
Dérives Evoquant plume, larme, bateau ou feuilles, j’ai choisi de multiplier cette forme et de les présenter avec un mouvement, comme en vrac, dans une urgence. Ce pourrait être une aile ou une flottille tout encombrée. On ne sait pas si elle part, si elle revient ou si elle attend. Les éléments sont posés sur une surface métallique et froide qui tranche avec la douceur réconfortante de la cire. Un choix de matériaux intuitif qui révèle la dualité des rêves d’ailleurs.
Correspondance Comme à la sortie de l’imprimerie, des paquets présentent leur contenu sur le dessus, cartes de correspondance surannées de paysages familiers et imaginaires qui se révèlent différemment selon la position du spectateur autour de l’œuvre.
Série « PLAY » ( I-V) , 2024, photogravures
Dans cette série, l’acte de « jouer » avec des fragments d’écorces semble analogique à un processus de recomposition de la nature. L’écorce, associée à la protection et à la surface extérieure de l’arbre, devient ici un matériau malléable que je réinvente. Il y a une dimension ludique dans cet assemblage de fragments perdus, qui peut évoquer à la fois l’éphémère et la permanence. On pourrait y voir une réflexion sur notre capacité à transformer ce qui est considéré comme résiduel ou inutile en quelque chose de nouveau et significatif.